Par où commencer ?
Observer votre enfant et son environnement
Avant de démarrer un apprentissage, la première chose à faire est d'observer votre enfant afin de bien le comprendre : voyez le contexte dans lequel il évolue, cernez ses compétences et ses difficultés, évaluez ses réactions ...
Renseignez-vous auprès de l’entourage (l’institutrice de votre enfant, sa gardienne, les membres de la famille,…) pour connaître ses observations quant à votre enfant.
Faites attention à l’environnement de votre enfant : décelez-y tout ce qui pourrait être dérangeant pour lui et susceptible d'entraver ses apprentissages ou de les favoriser.
Fixer des priorités
Parmi les nombreuses choses que vous aimeriez apprendre à votre enfant, il vous faut en choisir une pour commencer. Voici quelques conseils pour faire votre choix :
- soyez réaliste, commencer plusieurs choses en même temps risque de vous démotiver, surtout si les progrès de votre enfant n’apparaissent pas vite ;
- réfléchissez à une chose que vous vous sentez prêt à apprendre à votre enfant et pour laquelle il est également prêt ;
- choisissez un comportement ‘facile’ à apprendre pour commencer: cela permet d’obtenir plus vite un progrès et d’être encouragé ;
- tenez compte des besoins de votre enfant ;
- pensez à apprendre à votre enfant des compétences qui lui seront utiles et qui lui permettront de devenir plus autonome ;
- gardez en tête le fait que votre enfant est avant tout un enfant, un adolescent, un adulte ;
- n'oubliez pas que les personnes avec autisme doivent tout apprendre de façon explicite ;
- ayez des attentes réalistes par rapport à ce que vous voulez apprendre à votre enfant. Certains apprentissages ne seront pas acquis parfaitement ou même jamais ;
- ne comparez votre enfant qu’à lui-même ;
- voyez les apprentissages de votre enfant sur le long terme ;
- consultez l’avis des intervenants de votre enfant (son institutrice, la psychologue, la logopède, le médecin...).
Pour en savoir plus : Comment choisir un objectif ?
Procéder par étapes
Une activité est parfois complexe : aller à la toilette, se laver les mains, téléphoner, prendre le bus, … Ces activités impliquent différentes étapes qui demandent chacune un temps d’apprentissage. Si cela s’avère nécessaire, un nouveau comportement ou une nouvelle activité à apprendre peut être décomposé en plusieurs étapes. Egalement, on ne passe à l’étape suivante que si la première est bien acquise.
Par exemple, ‘enfiler son pull’ peut être divisé comme suit : d’abord ‘enfiler la tête’, ensuite, lorsque cela est appris, enseigner l’étape ‘enfiler les bras’ et enfin celle d’‘ajuster le vêtement au corps’. Pour apprendre à faire les courses, on peut envisager de guider la personne avec autisme à ‘faire une liste de course’, ‘préparer l’argent nécessaire’, ‘se rendre au magasin’, ‘mettre les courses dans le caddy’, ‘faire la file’,‘payer à la caisse’ et ‘retourner à la maison’. Cette façon de procéder permet un apprentissage pas à pas et évite de confronter l’apprenant à une situation trop complexe.
La décomposition des étapes doit se faire en fonction des capacités de chaque enfant. Certains enfants auront besoin de plus d’étapes, d’autres moins.
Adapter la situation d’apprentissage
Etant donné les difficultés de la personne avec autisme à comprendre les informations et à les gérer, il faut adapter la situation d’apprentissage en fonction de ses difficultés.
Lorsque Matéo fait ses devoirs sur son bureau, un store lui permet de ne pas être distrait par les jeux de son étagère.
Quelles sont les meilleures conditions d’une situation d’apprentissage ?
L’apprentissage doit se faire dans un lieu calme (peu de distractions et de stimulations sensorielles). L’activité en cours d’apprentissage doit se faire au même endroit (du moins au début, le temps qu’elle soit acquise).
L’activité doit, au possible, être enseignée dans son contexte. Par exemple, apprendre à faire ses lacets lorsque l’on met ses chaussures ou à demander verbalement « Je voudrais un pain » à la boulangerie. Cependant, il est parfois nécessaire d’apprendre l’activité en dehors du contexte, par exemple, en séance d’apprentissage à table.
Pour en savoir plus : La séance d’apprentissage à table
Par rapport à l’activité, votre enfant doit :
- savoir comment la réaliser, dans quel ordre ;
- savoir la quantité de travail à réaliser (pour avoir une idée de la durée de l’activité) ;
- bien voir le début et la fin de l’activité ;
- recevoir de l’aide (organiser et visualiser l’activité) pour comprendre ce qu’il doit faire.
Les consignes verbales ou visuelles doivent être simples et courtes (peu d’informations à la fois), l’important est qu’elles soient compréhensibles. Par exemple, en situation d’apprentissage, pensez à ne pas poser de questions ou à ne pas faire de remarques.
Pour en savoir plus : Adapter votre langage
Ces conditions d’apprentissage résultent de 3 grands principes pour adapter l’environnement aux personnes qui ont de l’autisme :
Organiser et visualiser les lieux de vie
Organiser et visualiser le temps
Organiser et visualiser les activités
Donner de l’aide
Apprendre quelque chose à votre enfant signifie également lui apporter de l’aide. Le laisser se débrouiller seul ou penser que l’échec force à chercher et à trouver, n’amène que la frustration et le risque de démotivation et d’abandon chez une personne qui a de l’autisme.
Il y a différentes manières de donner de l’aide à votre enfant : le guider, lui montrer, l’aider verbalement, utiliser des supports visuels…
Pour en savoir plus : Comment aider mon enfant ?
Récompenser
Récompenser est nécessaire. Votre enfant doit être encouragé dans ses réussites sinon à quoi bon faire des efforts ? Votre enfant doit fournir plus d’effort pour apprendre que tout autre enfant (même pour des choses qui nous paraissent simples et naturelles). Les personnes avec autisme comprennent difficilement l’intérêt, les avantages ou les raisons d’apprendre les choses.
En réalité, toute personne a besoin d’être motivée pour apprendre. La réponse aux besoins physiques (du repos, de la nourriture, de l’affection…), de sécurité (ne pas ressentir de douleur, avoir un chez-soi,…), de reconnaissance sociale (être bien habillé, propre…)… le sentiment de fierté, de bien-être… sont des récompenses qui conduisent naturellement les personnes à poursuivre un comportement.
Exemples
- Etudier pour réussir son année.
- Entreprendre une formation pour avoir plus de valorisation dans son entreprise ou une augmentation de salaire.
- S’appliquer à bien colorier son dessin pour faire plaisir à maman.
- Se brosser les dents pour sa santé.
- Ranger sa chambre et pouvoir inviter un ami à dormir chez soi.
Pour en savoir plus sur le choix et l’utilisation d’une récompense : Comment récompenser mon enfant ?
Rester cohérent et systématique
Assurez-vous que ceux qui travaillent les mêmes objectifs que vous, agissent de la même manière : même consigne, matériel similaire, mêmes attentes, même degré d’aide,…
Le comportement et l’activité réalisée doivent être appris au bon endroit, dans le ‘bon’ contexte. Par exemple, vous apprenez à votre enfant à aller sur le petit pot dans la toilette ou la salle de bains mais pas dans le living. Apprendre est difficile mais désapprendre un mauvais comportement est encore plus dur ! Par exemple, la maman de Laure l’aidait à remonter son pantalon après avoir été à la toilette, cela se faisait souvent en sortant des toilettes, dans le couloir. Aujourd’hui, Laure remonte seule son pantalon mais toujours dans le couloir.
Egalement, ce n’est pas en une fois que le comportement de votre enfant sera appris. Il lui faut de l’entraînement. L’apprentissage doit être régulier voire systématique. Par conséquent, répétez l’activité autant que possible jusqu à ce que le comportement soit appris.
Chercher du soutien
Discutez de vos priorités avec les différents intervenants de votre enfant (logopède, psychologue, psychomotricien, médecin…) et cherchez ensemble des solutions.
Impliquez l’entourage de votre enfant : son institutrice, les membres de votre famille, la gardienne, l’animateur, … Expliquez-leur l’autisme de votre enfant et ce que vous mettez en place pour lui (adaptation de l’environnement, apprentissages,…).
Vous pouvez via les associations de parents prendre contact avec d’autres parents qui ont un enfant avec autisme.
Vos pouvez également suivre des formations ou des journées d’études organisées auprès de services spécialisés.
Généraliser
Lorsqu’un comportement est appris, il est nécessaire que votre enfant puisse le réaliser partout où il va. « Dire bonjour », par exemple, ne se dit pas qu’à la maison mais aussi à l’école, chez les amis, chez grand-mère…Remonter son pantalon est utile dans la salle de bains mais également dans les toilettes publiques, pendant l’habillage, après le cours de gym…
Bien souvent, les personnes avec autisme ont des difficultés de généralisation : elles n’appliquent pas dans un autre contexte ce qu’elles ont appris dans la situation initiale d’apprentissage.
Pour en savoir plus : Comment généraliser un comportement ?